Ce matin, je n'ai pas écouté les infos – comme souvent d'ailleurs, et depuis pas mal d'années.

Je n'ai pas écouté les voix qui m'auraient parlé d'un monde qu'on défigure et qu'on repeint petit à petit d'une couleur nuit, dans une étonnante course à l'aveugle, consumériste et pétrolifère.

Je n'ai rien écouté des nouvelles du monde... en plus j'étais triste d'avoir mal dormi.

A la place, je suis allé au café en bas de chez moi.

Écouter d'autres mots, de ceux qui traînent le long du comptoir.

Prendre le temps de me perdre dans mes pensées et celles des autres.

Repenser aux sourires de la veille et aux souvenirs qui comptent.

Aux rires fanés des jours passés, à la faïence de désirs pas encore cassés.

J'ai repensé aux petits éclats incrustés dans la peau, aux étincelles qu'il reste aussi dans les regards, à la vie amoureuse, aux caprices des habitudes.

Je me suis parlé, un tout petit peu, pour moi tout seul : continuer à remplir ma vie d'inattendus, incruster le quotidien d'incertitudes, ne pas savoir ce qu'on va faire le soir, faire des surprises... des issues pour s'étonner du monde sans y sombrer.

J'ai écrit ces pensées-lis-là.

Je les écris, là, comme des fleurs.

Content de ne pas être sollicité par les infos du moment.

Ni par les notifications.

La grande aiguille se balade et moi je prends son temps.

Boire une gorgée de plus pour me remplir de chaud.

La vie est belle, le monde pourri disait quelqu'un que j'aime bien.

C'est vrai.

Je suis bien face à ma tasse et au gris de derrière la vitre.

Heureux d'une feuille et d'un stylo, de sauts quantiques dans le néant...

 

C'est si facile de voler du temps au monde

et de s'en faire une habitude...

Savourer

la vie.

 

 

 

Nozay, un lundi, un 19, en 2020

.

.

© 2016 par Bulles de Zinc. Créé avec Wix.com
 

SIRET : 492 182 266 00030 - APE : 9001Z - LICENCE 2-1064 434